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mardi 13 janvier 2015

Conseils d'écriture # 14 : Chandler's 10 Commandements pour écrire un polar.

L'écrivain Raymond Chandler nous livre les dix commandements de l'écriture d'un roman policier.
 
Aux écrivains en herbe qui souhaiteraient s'aventurer sur le terrain de la littérature policière, le siroteur de whisky à réputation de bouledogue livra ses dix commandements. Une série de conseils d'écriture en rupture avec les enquêtes en huis clos populaires au cours des années 1920 et 1930, insistant davantage sur le réalisme des scenarii mis en scène. 
Les dix commandements de l'écriture de roman policier, selon Chandler :
 
1 ) Il (le récit) doit être motivé par la crédibilité, tant de la situation initiale que du dénouement.
2 ) Il doit respecter techniquement ​​les méthodes d'assassinat comme d'enquête.
3 ) Il doit être réaliste dans ses personnages, son cadre et son ambiance. Il doit s'agir de gens réels plongés dans le monde réel.
4 ) Il doit avoir une valeur en tant qu'histoire, en dehors de son élément de mystère.
5 ) Il doit posséder une simplicité de structure, essentielle pour être expliqué sans peine le moment venu.
6 ) Il doit déjouer un lecteur raisonnablement intelligent.
7 ) La solution doit sembler évidente une fois révélée.
8 ) Il ne faut pas essayer de tout faire à la fois. S'il s'agit d'une histoire de résolution de puzzle dans une atmosphère plutôt cool, on ne peut en faire en même temps une aventure violente ou une romance passionnée.
9 ) Il faut punir le criminel, d'une manière ou d'une autre, pas nécessairement par l'effet de la loi. Sinon une enquête non résolue pourrait laisser au lecteur un sentiment de frustration.
10 ) Il faut être honnête avec le lecteur.
 
Pour ceux intéressés par une leçon plus poussée, Raymond Chandler a publié un essai intitulé The Simple Art of Murder, dans lequel il livre une étude plus approfondie sur l'univers du polar.

mercredi 24 septembre 2014

Conseils d'écriture d'Elmore Leonard


Les conseils d’écriture d’Elmore Leonard


elmore-leonardRomancier et scénariste américain, Elmore John Leonard Jr., né en 1925 à La Nouvelle-Orléans en Louisiane est mort en 2013 à l’âge de 87 ans à Detroit dans le Michigan.  Il est salué par les critiques pour son réalisme et ses dialogues justes et forts. Il a obtenu le Grand Prix de la littérature policière en 1986 pour La Loi de la cité (Rivages/Noir 2007). En 2012, il est lauréat du National Book Award pour l’ensemble de son œuvre. Il a écrit un essai : Mes dix règles d’écriture (Rivages, 2009) :
1 : Ne commencez jamais un livre en parlant de la météo. S’il s’agit uniquement de créer une atmosphère, et non de dire comment un personnage réagit au temps qu’il fait, il ne faut pas s’éterniser (…).
2 : Evitez les prologues. Ils sont souvent indigestes, surtout quand ils suivent une introduction qui succèdent à un avant-propos.
3 : N’utilisez jamais d’autres verbes que « dire » pour accompagner les dialogues. Le dialogue appartient au personnage ; le verbe, c’est l’auteur qui vient mettre son grain de sel. Cependant, « dit-il » est infiniment moins intrusif que « grogna-t-il », avertit-il » ou mentit-il ».
4 : N’utilisez jamais d’adverbe pour modifier le sens du verbe « dire »… signifia-t-il doctement. Utiliser un adverbe de cette façon (et d’à peu près toutes les autres) est un péché mortel.
5 : Tenez la bride à vos points d’exclamation. Vous n’avez droit qu’à deux ou trois spécimens par tranche de 100 000 mots.
6 : N’utilisez jamais de tournures telles que « soudain » ou « l’enfer se déchaîna ». Cette règle se passe d’explication.
7 : N’utilisez les dialectes régionaux et autres patois qu’avec parcimonie.
8 : Evitez les descriptions détaillées des personnages. De ce côté-là, Steinbeck a déjà tout fait.
9 : Evitez de décrire par le menu, les lieux et les objets. Même si vous savez y faire, vous ne tenez pas à ce que les descriptions paralysent l’action et mettent l’histoire au point mort.
10 : Essayez de supprimer les passages que le lecteur a tendance à sauter. Réfléchissez à ce que vous sautez quand vous lisez un roman : les bons gros paragraphes de prose bien consistante dans lesquels il y a clairement trop de mots.
Elmore Leonard ajoute en conclusion de son livre : « la plus importante de mes règles résume toutes les autres : “Si cela ressemble à de l’écrit, je le réécris”. »
(photo : Getty Image)

vendredi 6 septembre 2013

ÉCRIRE 14 : Comment réussir la fin.

10 Tips For Writing Endings To Your Story  


1. Always keep in mind what is expected in the genre you’re writing. If you’re writing a category romance, then the hero and heroine must unite at the end. If you’re writing a mystery, you must solve it by the end.

2. Avoid the dreaded deus ex machina. I previously wrote about deus ex machina. In most cases, you should not take the character(s)’ destiny out of their own hands. Force them to make the tough choices.
 
3. Think more in terms of appropriate ending rather than satisfying ending. I know some (maybe many) will disagree with me, but I LOATHE the term “satisfying ending.” It’s a story, not a Snickers bar. You need to write the appropriate ending for the story you are telling. It may end up disturbing your reader. It may even make them mad. That doesn’t mean it’s not the right ending.
 
4. On the other hand, don’t be a jerk and write a miserable ending for your characters to no real purpose. Stephen King, I’m looking at you. Sometimes he writes endings that negate about 90% of what transpired in the book.
If you have to do something like kill off a beloved character, or not bring the romantic couple together, or have the hero not attain a goal—make sure there are very, very good reasons for doing so, ..

5. Struggling to find a way to end things? Compose an event that brings most of the characters together. A battle, a wedding, a birth, a trial, a funeral…any event that would make most of the characters congregate is often a good way to end things.
 
6. If you’re REALLY struggling to find a way to end things—go back to the beginning. I can’t tell you how many times I was unhappy or unclear about how a story should end. I almost always found the answer by going back to the early part of the story. OR, I would go back and rewrite part of the beginning to help me compose a better ending. It’s a bizarre phenomenon, but sometimes writers unconsciously lay out the groundwork for the ending in the early part of the story...
 
7. When the story is over—STOP. You’d think this should go without saying, but some writers don’t know when to stop... Few things are worse than a story that keeps on going after it has pretty much ended.
 
8. On the other hand, beware of too much build up with too quick a resolution. One of my biggest beefs with the Twilight series was endless build up to confrontations that were then too easily and too quickly resolved. If you keep promising the reader an epic confrontation, then you should follow through with it.
 
9. You don’t have to tie up every little plot string, but tie up most of them. Everything doesn’t have to be neat and pat—in fact, that usually annoys readers—but don’t forget to deal with all major points.
 
10. Epilogs: I kind of like them. I generally can’t stand prologs, but epilogs are a different matter. Prologs usually end up as a way to front-load a lot of exposition. Epilogs are a way to give readers a peak into the future of the characters.
Are they strictly necessary? No. But ...

This is an abridged version of the original article which you can read by clicking on the title.

mercredi 22 mai 2013

ÉCRIRE 12 : WRITING Efficient Dialogs. Écrire Des Dialogues Efficaces et Réalistes par Jodie Renner

A. Dialogue needs tension, conflict and emotion! This one is huge. As Randy Ingermanson and Peter Economy say in Writing Fiction for Dummies, “Dialogue is war! Every dialogue should be a controlled conflict between at least two characters with opposing agendas. The main purpose of dialogue is to advance the conflict of the story.”

1. Leave out the “Hi, how are you?” “I’m fine, and you?” “Nice day,” stuff, and cut to the chase. Skip past introductions and all that empty blah-blah small talk.

2. Avoid any kind of long monologue or dialogue that just imparts information, with no tension or emotion.

3. Don’t use dialogue as “filler” – if it doesn’t advance the plot, heighten the conflict, or deepen the characterization, take it out.

4. Include lots of emotional or sexual tension and subtext in your dialogue. Silence, interrupting, or abruptly changing the subject can be effective, too.

B. Loosen up the dialogue.

The most common problem with dialogue for new writers is that it often sounds too stiff and formal. Here are some easy, quick tips for loosening up the dialogue to make it sound more natural:

1. Read your dialogue out loud. Does it sound natural? Can you cut some words out, or use more common, everyday conversational words, rather than more “correct” words? In conversation, use “bought” rather than “purchased,” “use” rather than “utilize,” etc.

2. Use contractions. Change “I am” to “I’m”, “we will” to “we’ll”, “do not” to “don’t”, “they will” to “they’ll,” etc.

3. Break up those long, grammatically correct complete sentences. Nobody talks in complete sentences in informal conversations with friends (or enemies) and family, especially in stressful situations. Frequently, use some short sentence fragments, and one-word answers.

4. Don’t have one person go on and on about a subject. Fiction is not the place for a lecture on a topic, or somebody speaking at length about himself. It’s not natural, and your readers aren’t interested in long monologues! Have the other person interrupt to ask a question, give their opinion, seek clarification, change the subject, etc.

C. Keep it real!

Avoid unnatural dialogue caused by having the characters say things they would never say, just to impart some information to the readers! An extreme example of this would be a character saying to his sister: “As you know, our parents died in a car crash five years ago.” Or even the more subtle, “As your lawyer, I must advise you…” Using dialogue this way to get some information across to the reader is artificial and a sure sign of an amateur writer. Work the information in subtly, without having one character say something that the other would obviously already know.

D. Give each character his or her own voice or speaking style. Make sure all your characters don’t sound the same (like the author).

First, pay attention to differences in gender, age, social status, education, geographical location, historical era, etc. Some characters, especially professionals, will use more correct English and longer sentences, while others will use rougher language, with a lot of one- or two-word questions or answers, sprinkled with expletives.

Then, think about individual personality differences within that social group, and the situation. Is your character: Shy or outgoing? Talkative or quiet? Formal or casual? Modern or old-fashioned? Confident or nervous? Tactful or blunt? Serious or lighthearted? Relaxed or stressed? And give each character their own little quirks and slang expressions, but exercise caution when using slang or expletives. (More on that in another article.)

E. Gender differences.

Bear in mind that men and women tend to express themselves differently.

- In general, men are terser and more direct; they usually prefer to talk about things rather than people or feelings; and they often use brief or one-word answers.

- Women, on the other hand, like to talk about people and relationships; often hint at or talk around a subject, tend to express themselves in more complete sentences; and often want to discuss their feelings.

- These differences are especially important to keep in mind if you’re a female author writing dialogue for male characters, and vice-versa.

F. Other tips:

1. Avoid “talking heads” – pages of unbroken dialogue, with little action or description.

- Move the characters around the scene, and indicate their reactions, gestures and body language:

“…as they walked into the kitchen,” “They pulled up in front of the police station,” “He crossed his arms,” “She got up and started pacing.” “He touched her arm.” “She gasped in alarm.” “He clenched his fists.” And so on.

2. For dialogue tags, use mainly he said and she said (and asked for questions), which are non-intrusive, rather than words like remarked, conjectured, queried, interjected, insinuated, pronounced, and uttered, which draw attention to themselves and can be annoying.

3. Also, beware of using non-speaking words as attributes, like “That’s so nice,” she smiled, or “You bet,” he grinned. You can’t “smile” or “grin” words! But you can say, “You bet.” He grinned and waved as he pulled away.

4. However, in addition to he said and she said, words like shouted, whispered, mumbled, yelled, murmured, and screamed are very useful for advancing the plot and ramping up your imagery.

5. Avoid the dialogue tag if it’s obvious who’s speaking.

6. But do make it clear who’s speaking. Readers don’t want to have to back up and check to see who’s talking now.

7. Try to use action tags (beats) instead of dialogue tags, such as:

Shelley hung up the phone. “That was Carole.”

Mark tensed. “What did she want?”

8. Avoid having the characters constantly using each other’s names. Once in a while is good, but don’t overdo it.

© Copyright Jodie Renner, August 2010, http://www.jodierennerediting.com/

Resources: On Writing Romance by Leigh Michaels, A Writer’s Guide to Fiction by Elizabeth Lyon, Writing Dialogue, by Tom Chiarella, Novel Shortcuts by Laura Whitcomb, Writing Fiction for Dummies by Randy Ingermanson and Peter Economy

lundi 10 décembre 2012

ÉCRIRE 9 : Polar 101 de Jacques Côté

Polar 101





Notre écrivain en résidence, Jacques Côté, propose pour son premier billet d'une série de six de démêler les sous-genres du polar. Un exercice éclairant!

JacquesCôté_2.jpgAlors que le roman policier est de plus en plus métissé, il fut un temps où les catégories du genre étaient cloisonnées. Il y a eu d'abord les romans de détection - les « whodunit » -, popularisés par Agatha Christie et Conan Doyle. Ces romans se passaient souvent dans un lieu clos avec des personnages stéréotypés. Le but du lecteur, comme celui du limier, étant de découvrir l'assassin, et d'assembler les pièces du casse-tête. Le roman devenant un jeu de dissémination et de dissimulation des indices où l'on retarde le dénouement jusqu'à la résolution du crime.

En réaction au « whodunit », le roman noir met l'accent sur le crime plutôt que sur l'enquête et se fait aussi appeler « hard-boiled novel » (roman de dur à cuire). Le raffinement d'un Poirot laisse place à des privés aux manières rudes et à des gangsters sans scrupule. L'enquêteur peut n'être qu'un personnage secondaire et le criminel, le personnage principal. Le roman noir a tout du roman sociologique : les villes sont présentées comme des terreaux fertiles à la criminalité ; les lieux décrits sont malfamés et l'atmosphère glauque. Les beaux manoirs du « whodunit » font place à des repaires de bandits. L'intérêt du lecteur ne réside plus seulement dans l'élucidation du crime, mais dans la peinture sociale du milieu. Hammett, Cain, Thompson et Riley-Burnett sont des représentants de cette école.

Dans les années 50, le roman de procédures judiciaires nous fait passer du noir au clair-obscur. On y présente le métier d'enquêteur avec réalisme. Ces policiers, contrairement aux privés du roman noir, exercent leur métier dans les règles. Ed McBain est le maître du genre.

Appelé aussi roman de la victime, le suspense nous met en état d'attente. Il joue avec nos nerfs, se révèle plus angoissant. La victime survivra-t-elle à ses assaillants ? Souvent accusée injustement, elle devra laver sa réputation. Le lecteur se projette et vit les peurs de celle-ci. Hitchcock, qui a adapté L'Inconnu du Nord-Express de Patricia Highsmith, définit ainsi le suspense par rapport au roman de détection : « Le whodunit suscite une curiosité dépourvue d'émotion ; or les émotions sont un ingrédient nécessaire au suspense. [...] Dans la situation classique de la bombe qui explosera à une heure donnée, c'est la peur, la crainte pour quelqu'un, et cette peur dépend de l'intensité que met le public à s'identifier avec la personne en danger. »

Le mot « thriller » renvoie quant à lui à une expérience sensorielle : « to thrill ». Selon Norbert Spehner, c'est devenu un terme galvaudé. Il sert de nos jours à désigner tous les types de romans policiers. Le thriller procure des émotions fortes - ce petit frisson le long de la colonne. Le silence des agneaux de Thomas Harris est un bon exemple de thriller réussi.

Dans le roman médicolégal, la police scientifique est au premier plan. Les experts en homicides sont les artisans de l'enquête. Le genre a été popularisé dans les années 90 par l'anthropologue judiciaire Kathy Reich et Patricia Cornwell. Cette tendance a été vite récupérée par la télévision avec des séries comme Bones, CSI et Dexter.

Il y a aussi les polars historiques et ceux à tendance western. On constate que les romans policiers sont de plus en plus hybrides. Le polar vit sa postmodernité.

Edgar Allan Poe serait fier de sa lignée de bâtards.


Sources
Hitchcock-Truffaut, Les entretiens avec Hitchcock, Ramsay, 1983, p. 57
Patricia Highsmith,
L'art du suspenseNorbert Spehner, Scènes de crime, Alire, 2010
Notes de cours de l'auteur

*

Lire les autres blogues de Jacques Côté :
Géographie du roman policier
Polar et investigation
Mécanique du crime parfait
Plan : en avoir ou pas ?
Les premiers mots du roman


Jacques Côté a publié aux éditions Alire plusieurs romans policiers dont Le Rouge idéal, Le Chemin des brumes et Nébulosité croissante en fin de journée. Il a remporté à trois reprises le prix Arthur-Ellis du meilleur roman policier canadien. Il est également l'auteur de la biographie Wilfrid Derome, expert en homicides (Boréal) pour lequel il a reçu le Grand Prix La Presse de la biographie. Jacques Côté travaille sur une nouvelle série policière, Les Cahiers noirs de l'aliéniste. Deux romans de cette saga historique, Dans le quartier des agités et Le Sang des prairies, ont été publiés. Le troisième tome, Le mausolée du docteur Death, paraîtra à l'hiver 2013.


Écrire 8 : Avoir un plan ou pas ? de Jacques Côté

Plan : en avoir ou pas?




Notre écrivain en résidence, Jacques Côté, propose pour son troisième billet d'une série de six une réflexion sur les plans... En avoir un ou pas? Une question qui revêt une importance toute singulière pour l'auteur de polar.
« Travailler avec un plan, c'est comme travailler avec un patron, un patron qui vous dit ce que vous devez faire. Et ce patron, franchement, je m'en passe très bien. »

- Michael Connelly


image-cote2.jpgA-t-on encore aujourd'hui l'idée d'entrer dans une grande ville sans son GPS ? Il y a bien sûr l'avantage d'arriver directement à destination. Mais nous perdons du coup ce goût de l'inconnu, cette possibilité d'égarement qui donne le vertige. Les détours inattendus sont à l'origine de rencontres non planifiées, et qui sait d'un coup de foudre amoureux ou littéraire... Les imprévus embellissent l'existence et la littérature. Il faut préférer les chemins tortueux à la ligne droite.

La complexité formelle de certains romans policiers nécessite l'utilisation d'un plan pour s'y retrouver. Ces romans ont quelque chose de mathématique avec des équations à plusieurs termes et il faut savoir gérer leur organisation. À défaut de plan, il vaut mieux prendre des notes en cours d'écriture lorsque l'intrigue s'allonge sur des centaines de pages. Gare alors aux erreurs de logique et aux anachronismes.

Il existe des auteurs qui prévoient tout dans les moindres détails. Ils écrivent des plans qui ont la taille de petits romans, je pense ici à Jean-Jacques Pelletier dont les scènes à scènes de La Faim de la terre font 250 à 300 pages. Un autre auteur, André Jacques, utilise des plans qui ressemblent à ceux des architectes avec des flèches et des rectangles qui vont dans toutes les directions.

Plusieurs favorisent un plan ouvert qui laisse place à la spontanéité pendant le processus d'écriture. Je suis du nombre. Ces plans comportent des trous volontaires que vient combler le travail de création littéraire au fil des mois. Si je devais tout prédire à l'avance, avoir l'ADN de mon roman comprimé dans un plan rigoureux, ce serait comme de passer un an ou deux à monter un meuble IKEA en suivant le guide d'assemblage. Aussi bien changer de métier... S'y perdrait l'ivresse propre à l'écriture. Écrire c'est aussi des surprises qu'on se fait à soi-même.

Lorsque nous sillonnons une ville nouvelle, nous voulons savoir où se trouvent les grandes
artères et les boulevards afin de nous repérer et je fonctionne de cette manière avec mes
histoires. J'ai un très « petit routard » de mon roman, un plan minimaliste avec les grands axes.
Coureur de longues distances, je trouve fréquemment la suite de mes histoires, la solution à mes problèmes d'intrigue, dans mes sorties de course à pied. Est-ce les effets combinés de la dopamine sécrétée par le cerveau et du grand air qui offrent les pistes nécessaires? Finalement, je travaille avec un plan de cinq à sept pages en gestation constante. À la fin, le résultat final est loin du plan original. L'auteur a dû s'égarer quelque part.

vendredi 30 novembre 2012

Écrire 7 :Mécanique du crime parfait, billet de Jacques Côté

Mécanique du crime parfait




Notre écrivain en résidence, Jacques Côté, propose pour son quatrième billet d'une série de six une réflexion sur les manières de liquider ses personnages.
Bang bang
My baby shot me down
- Nancy Sinatra


par Jacques Côté

image-cote2.jpg
Comme le disait Félix Leclerc, « il existe 100 000 façons de tuer un homme ». Et vous, internautes, avez-vous déjà songé à liquider un indésirable ? Les auteurs de romans policiers, eux, ont vraiment l'embarras du choix. Ce sont à leur manière des tueurs à gages, des meurtriers en série. L'histoire de la littérature policière offre tout un arsenal quand vient le temps d'exécuter son prochain : du calibre 38 à la tronçonneuse en passant par l'arsenic, vous trouverez tous les modus operandi.

Dans les années 30, le code Hayes, qui régit les productions hollywoodiennes, interdit aux scénaristes de montrer comment commettre un crime pour en tirer un gain. James Cain, romancier et scénariste de l'excellent film noir Assurance sur la mort, subira de multiples pressions de la part des censeurs du Code de production afin de l'empêcher de montrer la mécanique du crime presque parfait commis par l'assureur (Fred MacMurray) et la plantureuse blonde (Barbara Stanwyck) qui tue son mari pour obtenir la prime d'assurance.
Une ou plusieurs bonnes scènes de meurtre dans un roman font aussi sa qualité. La longue agonie du pédophile dans Les 7 jours du talion et les multiples sévices qui lui sont infligés organisent avec efficacité une grande partie du roman de Patrick Senécal. Il existe des auteurs plus démonstratifs que d'autres et les manières sont très personnelles.

Le meurtre est souvent le point de départ de l'enquête. Sur le plan psychologique, ces épisodes meurtriers sont des éléments forts des romans policiers. Ils donnent aux lecteurs matière à détester et à réparation.

Je dois avouer avoir pris un malin plaisir à tuer Dietrich, le chanteur d'opéra du Quartier des agités. Mais je l'ai regretté, car ce personnage aurait dû revenir dans un autre roman. Sans mauvais jeu de mots, j'ai assassiné trop tôt mon personnage. En revanche, le meurtre du garçon dans Le Chemin des brumes n'est pas montré. Mais son frère, Vincent, qui se trouve dans une chaloupe sur un lac, entend tout. Cette focalisation rend la scène plus tragique, car l'aîné ne peut intervenir : il est témoin du meurtre sans le voir. Ça a été pour moi une des scènes de violence les plus difficiles à écrire.

Que vous ayez affaire à un tueur en série sadique qui prend plaisir à tuer ou à un mari jaloux, vous aurez, selon les motivations de l'assassin, une grande variété de mobiles qui donneront des pistes aux enquêteurs.

Et le meurtre parfait ? Il existe dans la réalité. On n'a qu'à penser à tous ces homicides non résolus. Mais s'il devenait une tendance dans la fiction, ce serait la meilleure façon d'éliminer la littérature policière... Il y a ce désir chrétien enfoui en chaque lecteur de voir la faute punie et réparée, car le cinquième commandement du décalogue l'exige :

Tu ne tueras point.

*


Jacques Côté a publié aux éditions Alire plusieurs romans policiers dont Le Rouge idéal, Le Chemin des brumes et Nébulosité croissante en fin de journée. Il a remporté à trois reprises le prix Arthur-Ellis du meilleur roman policier canadien. Il est également l'auteur de la biographie Wilfrid Derome, expert en homicides (Boréal) pour lequel il a reçu le Grand Prix La Presse de la biographie. Jacques Côté travaille sur une nouvelle série policière, Les Cahiers noirs de l'aliéniste. Deux romans de cette saga historique, Dans le quartier des agités et Le Sang des prairies, ont été publiés. Le troisième tome, Le mausolée du docteur Death, paraîtra à l'hiver 2013.

samedi 17 novembre 2012

Écrire 6 : Dédicacer où ne pas dédicacer, telle est ...

Comment éviter de rater complètement sa prochaine séance de dédicace



par Stéphane Dompierre

Dompierre Salon.jpgC'est bien beau écrire des livres, mais l'écrivain, s'il lui arrive un jour d'être publié, devra aussi écrire des dédicaces.
La chose qu'il doit savoir, c'est que la dédicace d'un écrivain, ça ne vaut rien.
Peut-être que dans une centaine d'années, quand le livre sera depuis longtemps épuisé, que l'auteur sera mort et enterré et qu'il sera passé à la postérité, la copie avec sa signature griffonnée dedans vaudra un peu plus que la version hologramme chantée. Mais, pour l'instant, son gribouillis ne fait pas du livre une rare pièce de collection. Le livre n'est pas une carte de hockey à tirage limité et Michel Tremblay est moins rare que Maurice Richard.
Quand un lecteur se donne la peine de se déplacer pour venir nous voir, il faut donc tenter de lui donner un peu plus qu'une simple signature.
C'est là qu'on se met à faire des gaffes.
Moi, ce que j'aime faire, c'est oublier les noms. Je suis super bien entraîné, j'oublie à une vitesse phénoménale. Dis-moi ton nom, tu finis à peine d'en prononcer la dernière syllabe que je ne sais déjà plus si t'es un Guillaume ou une Sylvie. Quand le lecteur me dit son nom, il faut que j'arrête de faire tout ce que je faisais et que je l'écrive tout de suite. Les gens de moins de vingt ans, on leur demande d'épeler. Ils ont une fâcheuse tendance à avoir des Y et des H muets aux endroits où on s'y attend le moins.
Le stress fait qu'on ne sait plus comment écrire. On ne se rappelle plus si « tentacule », c'est masculin ou féminin. Imbécile, un L, imbécillité, deux L, ou bien c'est le contraire ? Et d'abord, pourquoi on aurait besoin d'écrire « imbécile » ou « tentacule » dans une dédicace ? Je le sais pas. Mais ça peut arriver. Le mieux, c'est de pas trop s'écarter de notre vocabulaire de base et d'éviter de se lâcher lousse sur les participes passés suivis d'une phrase infinitive qui s'accordent en genre et en nombre avec le complément direct qui précède le verbe si ce complément est le sujet de la phrase infinitive.
Certains écrivains ont tendance à toujours écrire le même message. Ça peut passer. C'est juste plate quand deux amis viennent faire signer leurs livres en même temps. Avoir plus qu'une seule phrase toute faite, ça évite de voir des lecteurs déçus qui comparent leurs dédicaces et qui ont l'impression qu'elles sortent d'une usine.
En panne d'inspiration, on est parfois tenté d'écrire un « bonne lecture ! » pour en finir. Faut pas faire ça. Le lecteur n'a pas fait la file pour se faire dire « Bonne lecture ». C'est drabe, sans surprise, et ça n'a aucune valeur ajoutée. C'est presque insultant. Tant qu'à faire, aussi bien prendre le livre et cracher dedans.
L'idéal, c'est de prendre le temps de jaser un peu avec le lecteur, de lui poser quelques questions pour essayer de personnaliser sa dédicace.
Évidemment, si t'es l'auteur du guide complet des infections transmissibles sexuellement, tu peux te contenter d'un « bonne lecture », ça va être parfait comme ça.

* Tentacule, c'est masculin.
Illustration : Stéphane Dompierre/Pascal Girard, Jeunauteur.

dimanche 11 novembre 2012

ÉCRIRE 5 :Publier numérique, est-ce pour vous.

                         

Des « success stories » existent aux Etats-Unis où le marché numérique a quelques années d’avance. Une trentaine d’auteurs ont même vendu plus de 100 000 exemplaires. Ils ont tous entièrement pris en main la publication de leur ouvrage et ont réussi. Mode d’emploi.
 

Trouver la plate-forme

Smashwords, Kindle, Kobo, Youscribe, iBookstore...
Une fois votre bouquin terminé (parce que oui, il faudra tout de même avoir écrit un livre) se pose la question de l’outil d’édition adapté. Il y a le choix. Smashwords, Kindle, Kobo, Youscribe ou encore l’iBookstore... Tous vous proposent de vous prendre par la main pour la confection et la publication de votre ouvrage.
David Forrest est l’auteur de plusieurs romans numériques autopubliés. Fort de ses 21 000 ventes, il est l’un des seuls écrivains français à avoir rencontré un certain succès grâce à ce système. Sa préférence se porte sur le service d’Amazon :
« Toutes [les plates-formes] ont leurs atouts et des publics différents. Cependant, la plateforme Kindle reste la plus accessible, demandant moins de travail technique à l’origine. La plus difficile d’approche reste je pense l’iBookstore, notamment pour des raisons administratives (obtention d’un identifiant fiscal américain, par exemple). »
Le service Kindle Direct Publishing a en outre deux avantages. Il met à disposition du futur écrivain un didacticiel gratuit et complet pour préparer votre ouvrage.
Il n’oublie pas non plus les derniers irréductibles qui ne peuvent se passer de l’odeur du papier grâce au service Create Space. L’auteur pourra fournir à ses lecteurs potentiels une version papier de son livre, imprimée chaque fois qu’une commande est passée.
2

Editer

« Proposer un livre aussi abouti que possible »
Vient la partie la plus technique et délicate, celle de l’édition. Le produit a beau être numérique, copier-coller un document Word ne sera pas suffisant, point sur lequel insiste David Forrest :
« Il faut s’occuper soi-même de l’aspect éditorial qui, dans l’édition traditionnelle, est géré par des professionnels : correction, mise en page, élaboration de la couverture, écriture de la présentation du livre...
Ce n’est pas obligatoire pour publier, mais je pense qu’il faut tout faire pour proposer aux lecteurs potentiels un livre aussi abouti que possible. »
L’édition demande un minimum de compétences informatiques et de connaissances du traitement de texte. L’auteur doit télécharger un logiciel d’édition sur la plate-forme qu’il a choisie, créer une table des matières, insérer éventuellement des images, régler la question des droits d’auteur ou d’utilisation de contenus appartenant au domaine public... Sans oublier de fixer le prix.
3

Fixer le prix

« Les “royalties” sont très intéressantes »
Le prix constitue certainement l’atout majeur de l’autopublication numérique. Il est à la discrétion de l’auteur. Ce qui signifie qu’il peut même être nul. Libre aux écrivains donc de faire jouer la concurrence avec les publications papier en baissant le prix au maximum.
Et les revenus ? Journaliste et auteur du roman autopublié « La Légende de Little Eagle », Florian Rochat répond avec enthousiasme :
« Avec l’autopublication numérique, les “royalties” sont très intéressantes. Lorsque le prix du livre est compris entre 2,99 et 9,99 euros, l’auteur touche 70% de la vente. »
Si chaque plate-forme a ses particularités, toutes assurent des revenus élevés à l’auteur. Le contrat-type avec un éditeur papier rapporte à l’auteur 8% du prix de vente jusqu’à 10 000 exemplaires vendus, 10 à 12% au-delà : 7 à 9 fois inférieur à un livre numérique auto-publié donc.
En pratique, pour un livre vendu en libraire 20 euros, l’auteur touchera entre 1,60 et 2,40 euros. En comparaison, l’auteur d’un livre numérique autopublié gagnerait 2 euros pour un ouvrage dont le prix serait fixé à 3 euros. Ce qui, ramené à un livre à 20 euros, correspond à un revenu pour l’auteur de l’ordre de 14 euros.
Dernière originalité : le prix n’est pas fixe et peut être librement actualisé par l’auteur. Florian Rochat se sert de cette souplesse pour augmenter ses ventes :
« J’avais commencé à vendre mon ouvrage autour de 3 euros et l’ai récemment baissé à 1,80 euro pour booster les ventes. On pourrait même le distribuer gratuitement pendant quelques semaines, ce pourrait être un excellent outil de promotion. »
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Promouvoir

« Diffuser via Facebook et Twitter »
Se passer d’une maison d’édition, c’est aussi se passer de tout son appareil de promotion. Heureusement, l’homme a inventé Internet, le buzz et les réseaux sociaux. La tâche est cependant loin d’être aisée, comme l’explique Florian Rochat :
« La promotion est certainement l’aspect le plus difficile de la chose. Les critiques ne touchent pas aux livres autopubliés. Ils reconnaissent le phénomène mais ils n’arrivent pas à suivre. Cela pose le problème de trouver de la visibilité. »
Des solutions existent cependant :
« Il faut diffuser via Facebook et Twitter, se construire une base de lecteurs fidèles, avoir un site internet présentant l’auteur, son œuvre, etc. Ça prend du temps, au moins un an ou deux avant qu’un livre ne décolle.
Ces difficultés ne sont pas tellement différentes de celles de la majorité des auteurs publiés qui restent dans l’anonymat, sauf que la durée de vie d’un ebook est éternelle, pas besoin de réimpressions. »
 
 Re-publié à partir d'un article de :  www.rue89.com

mercredi 12 septembre 2012

ÉCRIRE 4 : conseils de Setphen King

1. Être talentueux. Selon Stephen King, les jeunes auteurs associent à tort le talent avec le succès ou l'argent qui en découle. Ce qui compte avant tout est de travailler d'arrache-pied pour devenir un bon auteur, tant au niveau de la forme (structure) que du fond (style). Mais il faut aussi pouvoir, selon lui, développer un œil critique sur sa propre prose afin de savoir jusqu'à quel point s'acharner. En clair, malgré l'envie, certains aspirants auteurs n'ont pas le talent nécessaire pour devenir professionnels. Et l'écrivain d'ajouter que ce moment charnière où il convient d'abandonner son rêve dépend de chacun et n'est pas proportionnel avec le nombre de réjections.

2. Être soigneux. C'est à dire s'attacher à la présentation: grammaire, orthographe, mise en page... Je ne peux qu'abonder dans ce sens: rien n'est plus rédhibitoire pour un lecteur professionnel que de parcourir un livre truffé de fautes, c'est un des signes les plus manifestes de l'amateurisme de son auteur!

3. Exercer son sens de l'autocritique. Aucun texte n'est bon dès le premier jet, savoir écrire consiste essentiellement à pouvoir réécrire autant de fois que nécessaire. Je projette d'ailleurs de vous proposer très prochainement un article sur ce sujet...

4. Supprimer tout mot superflu. Raconter une histoire ne consiste pas à exercer un prêche.

5. Ne consulter aucun livre de référence au moment de l'écriture. Dictionnaires, encyclopédies et autres ouvrages de conseils d'écriture sont, selon Stephen King, à consulter avant ou après mais en aucun cas au cours du processus d'écriture. Cela ne veut pas dire pour autant qu'il ne faille pas vérifier l'orthographe d'un mot, ou lui chercher un synonyme en cours de route, le propos est de ne pas freiner sa créativité en perdant trop de temps pour des détails qui concernent le travail de relecture (qui engendrera lui-même une réécriture).

6. Connaitre les marchés, c'est à dire à la fois son audience et les décideurs (éditeurs, producteurs, diffuseurs...) auxquels adresser son histoire. J'ajoute que trop de jeunes auteurs ignorent (voire snobent) ce conseil par paresse ou orgueil mal placé sans réaliser qu'ils s'ôtent par là-même toute chance de succès.

7. Écrire pour divertir. Conseil qui découle du précédent. C'est bien beau de vouloir se faire plaisir, raconter sa vie, ou coucher sur papier « son message », mais encore faut-il que cela intéresse une audience...

8. Se demander si on prend du plaisir à écrire. Ce n'est pas parce qu'on a soudain une idée d'histoire que l'on sera capable de la mener jusqu'au bout. C'est un travail chronophage, épuisant mentalement et physiquement (contrairement à ce qu'on pourrait penser de prime abord), et souvent ingrat, encore faut-il s'épanouir en l'exerçant. Sinon il faut vraiment passer à autre chose: une autre histoire ou carrément un autre métier...

9. Apprendre à évaluer les critiques. Faire lire son travail c'est bien, mais encore faut-il recueillir assez d'avis pour pouvoir en tirer un quelconque bénéfice. Chaque avis est subjectif (et j'ajoute qu'il faut dans la mesure du possible consulter des lecteurs compétents). Si dix personnes font la même remarque sur une scène, un personnage, un rebondissement de l'intrigue, un dialogue... c'est qu'ils sont dans le vrai, quand bien même l'auteur adore cet élément. Si chaque avis diverge, en revanche, mieux vaut prendre du recul, voire solliciter de nouveaux avis, avant d'entreprendre une quelconque réécriture.

10. Observer les règles en matière de démarches. Quand on veut devenir un auteur professionnel, il faut apprendre à se comporter comme tel, qu'il s'agisse de démarches en live, au téléphone ou par mail. Le marché ne va pas changer pour vos beaux yeux ou votre incroyable talent et rien n'est plus agaçant pour un professionnel que la morgue et l'amateurisme (attention, je ne parle pas d'inexpérience).

11. Ne pas se soucier de « prendre un agent ». Les agents ne sont pas intéressés par les auteurs débutants. Ne vous inquiétez pas, vous les verrez venir vers vous en même temps que le succès...

12. Si un texte est mauvais, il faut le tuer. C'est certes douloureux mais certaines bonnes idées de départ ne sont pas vouées à donner naissance à des histoires dignes de ce nom. Beaucoup de professionnels recommandent d'ailleurs de laisser dans un tiroir ses premières œuvres qui n'ont pour finalité que d'apprendre à écrire. Et vous savez quoi? Dans 99,99% des cas ils ont RAISON.



(¯`✿ L'écriture selon Stephen King : les 12 conseils ✿´¯)


*Est-il vraiment besoin de présenter le « maître de l'horreur »? Né il y a soixante quatre ans dans le Maine, un état américain dans lequel il réside toujours et qui est au cœur de la plupart de ses œuvres, Stephen King autopublie ses premières nouvelles alors qu'il est encore lycéen. Lors de ses études universitaires, il publie plusieurs nouvelles et il écrit un premier roman, The Aftermath, resté inachevé, puis The Long Walk, une œuvre qui ne sera publiée que bien des années plus tard et sous le pseudonyme de Richard Bachman.
En 1974, le jeune auteur publie Carrie, un roman qui sera adapté par Brian De Palma, et accède à la gloire. Stephen King abandonne l'enseignement et ne se consacre plus qu'à sa plume. En près de quarante ans de carrière, il publie -sous son nom ou celui de son alter ego- une quarantaine de romans, des dizaines de nouvelles, divers essais, ses mémoires, et collabore à divers scénarios.
Nombre de ses œuvres ont été adaptées sur petit ou grand écran, notamment The Shinning, Stand by Me, The dead zone, Christine, Misery, The Shawshank Redemption, Dolores Claiborne, The Green Mile (la ligne verte), Hearts in Atlantis, ou, plus récemment, 1408 et The mist.

(¯`✿ L'écriture selon Stephen King : les 12 conseils ✿´¯)


ÉCRIRE 3

Comment écrire un roman ?

… Cette question est arrivée dans ma boîte mail.
Je ne vous cache pas que je m’y attendais puisque précisément, j’ai lancé ce blog pour partager ce que j’ai pu apprendre.
Pour répondre à cette question, je dirai que prendre un peu de temps pour apprendre à écrire un roman avant de commencer va payer énormément.
En premier lieu, la maîtrise de quelques techniques simples d’écriture se traduira par un meilleur manuscrit. Deuxièmement, vous serez susceptible de finir réellement votre roman, si vous avez un peu de théorie sur laquelle vous appuyer quand vous serez bloqué.
Étonnamment, certains arrivent à se convaincre qu’en lisant beaucoup de romans et en participant à des ateliers d’écriture, ils réussiront à écrire facilement un roman. Grossière erreur ! Supposer que la lecture de romans suffise à faire de vous un romancier revient à penser que vivre longtemps dans une maison suffit à pouvoir en construire une ! Quant aux ateliers d’écriture, s’ils sont intéressants à suivre, je peux vous garantir – pour en avoir animé quelques-uns – que peu de participants pratiquent l’écriture quotidienne. Or si vous voulez écrire un roman, il faudra bien s’y astreindre !
Vous êtes peut-être en train de penser que quelques auteurs réussissent bien un coup de maître dès le premier roman sans technique, sans enseignement, sans expérience. C’est vrai, mais ces auteurs-là, même s’ils font envie à tous, sont plutôt rares. La grande majorité des romanciers trouvent leur travail plus facile et plus rapide après avoir pris le temps d’apprendre quelques ficelles du « métier ».
Dans le même temps, je sais par expérience qu’un excès de théorie peut devenir paralysant. Par exemple, étudier la structure du récit en détail peut vite devenir écrasant et nuire à l’inspiration et la spontanéité si vous la mettez trop en avant. Mais ne nous leurrons pas, les romans sont des créations très complexes qui peuvent être étudiées sous de nombreux angles, tous cependant ne sont pas utiles à l’écrivain. Je vous dirai comment je me suis parfois égarée.

Des techniques pour écrire un roman

Au fil des articles de ce blog, je vous livrerai quelques-uns des secrets de l’écriture romanesque. Du moins ceux que j’ai trouvés, étudiés, décortiqués pour garder l’essentiel. Ils vous aideront à créer un roman bien structuré et émotionnellement convaincant sans compter sur les formules stéréotypées.
Je dois faire un aveu : j’adore la technique et en particulier la technique littéraire. Sans doute un reste de « mon ancienne vie ». Je me souviens que je détestais voir les notes de service déferler sur mon bureau. Pour m’en débarrasser, j’en confiais la lecture à l’un de mes collaborateurs qui m’en faisait d’excellents résumés ! En revanche, quand je recevais des fiches techniques de verres ou de montures – pour ceux qui ne le savent pas encore, j’ai exercé vingt ans le métier d’opticienne ! –, je décortiquais le contenu. Ensuite, il me suffisait d’adapter la technique aux besoins et je faisais des clients satisfaits de leurs lunettes.
…Mais revenons à la technique littéraire. Au fil des articles, je vais essayer de présenter ces techniques et secrets tout simplement. Mon objectif est de vous donner assez de théorie pour nourrir votre imagination et vous laisser aller sur votre chemin d’écriture.
Attention, je n’ai jamais dit que votre nouvelle ou votre roman s’écrira d’un coup de baguette magique. Si telle est votre idée, passez votre chemin ! Il restera à votre charge le travail, la passion, la motivation, la créativité, la procrastination… et tellement d’autres thèmes que bien sûr j’évoquerai également dans des articles à venir.
Voilà donc ma réponse à cette question arrivée par mail.
Si vous avez une question sur le processus d’écriture, la façon d’écrire un roman, d’avoir des idées, de construire des histoires, des personnages, ou de commencer ou de finir un roman… Posez-la en passant par la page CONTACT. J’y répondrai par un article sur le blog conçu comme un lieu de partage.
À très vite…

mardi 11 septembre 2012

ÉCRIRE 2

When It’s Time to Dream…



One of the most common questions I have received lately has to do with writing serial killer scenes. Is it difficult to write these types of scenes? Well the simple answer is yes, it can be very difficult. It can be difficult for a variety of reasons: balancing accuracy and creative input, how much detail, making sure it adds to the story, no unnecessary violence, etc.
In all honesty, because of my outlining process and book organization, I know when I have to write a stressful scene and I do so at the best possible time for me. There’s a delicate balance to writing crime fiction and not adding to the already stressful real world of crime and bad guys. I keep in mind that I want to tell an exciting story with some insight into the criminal mind and crime scene investigation. I want to engage the reader with suspense and mystery, not stress them out.
When I sit down to write I make sure that my time is efficient with approximately four to five solid hours of work. Although, some days turn out to be unproductive no matter what I try to do — such as life. I’m not the type of writer that can sit at my desk for ten to twelve hours a day pounding away at a keyboard. I think I would turn into the infamous “Jack” from the movie The Shining if I did. I commend all you writers out there that can accomplish a long writing day. I guess I’m a bit wimpy in that regard. I may sound a bit like a delicate flower (or a fussy hothouse orchid), but it’s how I manage to keep my energy high and enthusiasm intact to write a suspenseful story.
With every story project, I’ve managed to learn a few things about myself and about my level of stress when writing. Being able to detach from a story in progress is so important – at least for my Type A personality type. Sounds simple, but it’s often very difficult. Once I’ve set the story in motion, it’s in my mind at every moment of the day even when I’m eating, sleeping, and relaxing. Yikes!
I started to become prone to anxiety issues, so I’ve added to my day what I like to call my dream time. I take a couple of breaks throughout the day for about 5-10 minutes to become aware of what’s happening at that exact moment. No worrying about what I didn’t get done or what I need to get done, I just sit comfortably and breathe, completely absorbed in the here and now. I put myself in a comfortable place that makes me feel relaxed. I tend to gravitate to quiet outdoor places, especially at the beach, to hear the sounds and feel the breeze on my face. All of these photos were taken from places I love to visit regularly.
It’s amazing, I feel refreshed and energized after my mini dream escape. For me, it’s how I can keep writing about stressful situations, heinous killers, and delve inside the criminal mind.
What’s your dream place to relax in your mind?
* * *
Author Blog: http://authorjenniferchase.com/
Crime Watch Blog: http://emilystonecrimewatch.wordpress.com/
Book & Crime Talk: http://blogtalkradio.com/jennifer-chase
Books: Compulsion Dead Game Dark Mind Silent Partner Screenwriting

dimanche 9 septembre 2012

ÉCRIRE 1

Literary Agent Kate McKean on What Fiction Writers Can Learn From the Movies

Literary agent Kate McKean shows us how your Netflix queue can teach you 10 important lessons about novel writing. (And here you thought you were just procrastinating . . . )
Earlier, Kate shared the top 10 things agents and editors always want to see from authors.
1. Get the plot moving quickly.
In The Wizard of Oz, it doesn’t take Dorothy very long to get moving down the Yellow Brick Road. The first 10 minutes of the film may be a whirlwind of witches and Munchkins, but Dorothy quickly figures out that the Emerald City is the key to her goal of getting home. Your book, too, should get right down to business with the plot, as early in the narrative as possible, and show the reader the first step on the path to getting there.
2. Your character has to want something—or better yet, more than one thing.
In Sixteen Candles, Sam quietly lusts after hot, hunky Jake Ryan in his fancy red Porsche. Can’t you still just feel her longing for him? But that’s not all—she also wants someone to remember her 16th birthday, despite her sister’s wedding the next day. Two plotlines give a story depth and tension. What’s going to happen next?!, your reader will ask, as you expertly switch back and forth between the two story lines.
3. Don’t forget the stakes.
In the first Back to the Future movie, the stakes are very high. If Marty doesn’t get his parents together at the Enchantment Under the Sea dance, HE’LL NEVER BE BORN! If the erasure of one’s existence can’t motivate a character, nothing will. Giving your character something important to fight for will lend your story purpose and keep your reader reading. If your character cares about something important, your reader will, too.
4. Thick dialect is not your friend.
Remember that Guy Ritchie movie Snatch and Brad Pitt’s almost unintelligible Irish Gypsy accent? “Toiksh. Da foit ay twoice da soice.” Come again? That’s what it sounds like when you use too much dialect in your written work, too. It might sound right in your head, but to the rest of us, it’s gibberish. (P.S. Translated, that’s, “Turkish. The fight is twice the size.”)
5. Pay close attention to POV.
Spoiler Alert: in Fight Club, Brad Pitt’s Tyler Durden and Ed Norton’s nameless character are the same person. I know! But when you go back and watch the movie, you’ll notice that what Tyler sees and what the narrator sees are the same thing. There’s only one point of view there, and it’s strictly the narrator’s. Go watch it again, and then think about how you’re using POV in your own work. Are you head-hopping? Are you being true to the POV you’ve established?
6. Make it worth it.
If your plot and world-building are complicated and intricate, even if it’s all flashy and interesting and wows the reader—it better pay off in the end. If you don’t know what I mean, watch Inception.
7. Twist it around.
There is perhaps no more famous plot twist than when Darth Vader reveals he’s really Luke Skywalker’s father in Star Wars. Let surprising things happen in your work, too! As long as it makes sense in the world of your book and the reader buys it, don’t be afraid to turn your plot upside down.
8. Let the reader fall in love with your character.
Let’s be honest, Ferris Bueller is kind of a jerk. He gets away with everything. He destroys his best friend’s dad’s fancy car. He wreaks havoc in downtown Chicago. But we still love him. Why? Because he’s charming and funny and we know deep down he’s just an innocent scamp. (Besides being totally adorable, too.) While a sharp quip and a wink won’t get your characters out of a jam all the time, if you can make the reader fall in love with your character, many flaws will be forgiven.
9. Even when the reader knows what’s going to happen, keep them in suspense.
If the Titanic hadn’t sunk in Titanic, the movie would have. <Titanic joke!>. And even though we all knew how it would end, we couldn’t stop watching. Would Rose and Jack survive? Would love conquer all? When you’re crafting your own story, make sure there’s a thread of suspense throughout. Otherwise, your reader will abandon ship.
10. Is it all about you?
Make sure your novel is not a home movie. Is your writing just a way for you to show off and have the stage? Exorcise your demons? Right the wrongs of your past? Do you just want to be a star, the events of your life thinly veiled under cover of “fiction”? I, too, want to get back at that jerk from my English class, but that doesn’t mean readers of my novel care as much as I do about it. Think of the reader as you write, and make sure you consider her entertainment, comfort, and investment—not just your own self-interest.
Kate McKean is a literary agent at the Howard Morhaim Literary Agency. She tweets at @kate_mckean. She’s writing a YA novel, too, so she feels your pain.