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dimanche 18 décembre 2016

Conseils d'écriture John Steinbeck sur Scribay



Comment écrire un roman ? Six conseils de John Steinbeck


Lauréat du Prix Nobel de littérature, John Steinbeck est l’un des géants de la littérature américaine. En 1962, il écrit à son ami Robert Wallsten et lui donne six précieux conseils pour écrire un roman.

Cette lettre appartient à la compilation Steinbeck: A Life in Letters, un ouvrage publié en 1975 par Elaine Steinbeck et Robert Wallsten. Vous pourrez également la retrouver au sein d’une compilation réalisée par la revue littéraire américaine The Paris Review.

Oubliez le résultat final

Abandonne l’espoir de finir un jour ton roman. Oublie les 400 pages prévues et écris-en seulement une par jour ; ça aide.

Écrivez d’une traite

Écris aussi rapidement et librement que possible et couche tout sur le papier. Ne corrige rien, ne réécris rien avant que tout soit terminé. Réécrire en cours de route est souvent une excuse qu’on se donne pour ne pas avancer. Cela perturbe aussi le rythme et la fluidité qui découlent uniquement d’une intimité inconsciente avec le sujet.

Écrivez pour une seule personne

Oublie ton lectorat. D’une part parce que ce public sans nom et sans visage est terrifiant, et d’autre part parce que dans l’écriture, contrairement au théâtre, ce public n’existe pas. Ton public est un lecteur unique. Personnellement, je trouve plus simple de choisir une personne, réelle ou imaginaire, et d’écrire pour elle.

En cas de difficulté, allez de l’avant

Si tu n’arrives pas à venir à bout d’une scène ou d’un passage que tu veux vraiment conserver, contourne-le et continue à écrire. Tu pourras revenir dessus lorsque tu auras fini, et tu te rendras peut-être compte que la raison pour laquelle ce passage te posait problème est qu’il n’avait rien à faire là.

Préparez-vous à abandonner vos passages favoris

Méfie-toi d’une scène trop chère à tes yeux, plus chère que le reste. Souvent, elle se révèle être de trop.

Lisez à voix haute vos dialogues

Si tu écris un dialogue, lis-le à haute voix, au fur et à mesure que tu l’écris. C’est seulement comme cela qu’il sonnera juste.

Un septième conseil :

Il n’y a pas de recette magique !

John Steinbeck était conscient que chaque auteur devait développer sa propre méthode et sa pratique de l’écriture. L’auteur des Raisins de la Colère le rappelle dans une lettre envoyée à Edith Mirrielees dont il suivit le cours d’écriture créative à Stanford :
S’il y a de la magie dans l’acte d’écrire une histoire, et je suis convaincu que c’est le cas, nul n’a été capable de la réduire à une recette qui pourrait être transmise d’une personne à l’autre.
La version originale de cette lettre se trouve publiée sur Letters of notes (en anglais).


mardi 13 janvier 2015

Conseils d'écriture # 14 : Chandler's 10 Commandements pour écrire un polar.

L'écrivain Raymond Chandler nous livre les dix commandements de l'écriture d'un roman policier.
 
Aux écrivains en herbe qui souhaiteraient s'aventurer sur le terrain de la littérature policière, le siroteur de whisky à réputation de bouledogue livra ses dix commandements. Une série de conseils d'écriture en rupture avec les enquêtes en huis clos populaires au cours des années 1920 et 1930, insistant davantage sur le réalisme des scenarii mis en scène. 
Les dix commandements de l'écriture de roman policier, selon Chandler :
 
1 ) Il (le récit) doit être motivé par la crédibilité, tant de la situation initiale que du dénouement.
2 ) Il doit respecter techniquement ​​les méthodes d'assassinat comme d'enquête.
3 ) Il doit être réaliste dans ses personnages, son cadre et son ambiance. Il doit s'agir de gens réels plongés dans le monde réel.
4 ) Il doit avoir une valeur en tant qu'histoire, en dehors de son élément de mystère.
5 ) Il doit posséder une simplicité de structure, essentielle pour être expliqué sans peine le moment venu.
6 ) Il doit déjouer un lecteur raisonnablement intelligent.
7 ) La solution doit sembler évidente une fois révélée.
8 ) Il ne faut pas essayer de tout faire à la fois. S'il s'agit d'une histoire de résolution de puzzle dans une atmosphère plutôt cool, on ne peut en faire en même temps une aventure violente ou une romance passionnée.
9 ) Il faut punir le criminel, d'une manière ou d'une autre, pas nécessairement par l'effet de la loi. Sinon une enquête non résolue pourrait laisser au lecteur un sentiment de frustration.
10 ) Il faut être honnête avec le lecteur.
 
Pour ceux intéressés par une leçon plus poussée, Raymond Chandler a publié un essai intitulé The Simple Art of Murder, dans lequel il livre une étude plus approfondie sur l'univers du polar.

mercredi 3 décembre 2014

Écrire un polar réflexions d'Agatha Christie

Aussi ingénieux et compliqué qu’un puzzle

«... C’est très captivant d’écrire un roman policier. C’est aussi ingénieux et compliqué que de construire un puzzle. Tout doit s’enchaîner logiquement. Tout doit cadrer. Je vais vous dévoiler en deux mots le secret de fabrication : vous choisissez votre coupable, et vous mettant dans sa peau, vous décidez des moyens qui vous permettent le mieux de masquer sa culpabilité.»

 
« Ensuite, ayant fait votre plan, vous recommencez votre exposé par le commencement en vous plaçant du point de vue du spectateur. Essayez, et vous verrez comme c’est simple.
Dans l’ensemble de mon œuvre, j’ai été fidèle à Hercule Poirot, mon petit détective belge. Mais de temps en temps j’éprouve le besoin de me débarrasser de sa personnalité trop marquante et d’écrire un roman où il n’intervient pas.
Son ordre, sa méthode, sa vanité et son irritante habitude d’avoir toujours raison me fatiguent parfois et je ressens la nécessité de lui faire une infidélité. Cette petite incartade me repose du roman policier classique dont il est le type vivant.
Le métier d’auteur de romans policiers n’est pas fastidieux... Pour travailler, il suffit au romancier d’un peu de papier, d’une machine à écrire et tout l’univers est ouvert devant lui. »

Rue89

mercredi 24 septembre 2014

Conseils d'écriture d'Elmore Leonard


Les conseils d’écriture d’Elmore Leonard


elmore-leonardRomancier et scénariste américain, Elmore John Leonard Jr., né en 1925 à La Nouvelle-Orléans en Louisiane est mort en 2013 à l’âge de 87 ans à Detroit dans le Michigan.  Il est salué par les critiques pour son réalisme et ses dialogues justes et forts. Il a obtenu le Grand Prix de la littérature policière en 1986 pour La Loi de la cité (Rivages/Noir 2007). En 2012, il est lauréat du National Book Award pour l’ensemble de son œuvre. Il a écrit un essai : Mes dix règles d’écriture (Rivages, 2009) :
1 : Ne commencez jamais un livre en parlant de la météo. S’il s’agit uniquement de créer une atmosphère, et non de dire comment un personnage réagit au temps qu’il fait, il ne faut pas s’éterniser (…).
2 : Evitez les prologues. Ils sont souvent indigestes, surtout quand ils suivent une introduction qui succèdent à un avant-propos.
3 : N’utilisez jamais d’autres verbes que « dire » pour accompagner les dialogues. Le dialogue appartient au personnage ; le verbe, c’est l’auteur qui vient mettre son grain de sel. Cependant, « dit-il » est infiniment moins intrusif que « grogna-t-il », avertit-il » ou mentit-il ».
4 : N’utilisez jamais d’adverbe pour modifier le sens du verbe « dire »… signifia-t-il doctement. Utiliser un adverbe de cette façon (et d’à peu près toutes les autres) est un péché mortel.
5 : Tenez la bride à vos points d’exclamation. Vous n’avez droit qu’à deux ou trois spécimens par tranche de 100 000 mots.
6 : N’utilisez jamais de tournures telles que « soudain » ou « l’enfer se déchaîna ». Cette règle se passe d’explication.
7 : N’utilisez les dialectes régionaux et autres patois qu’avec parcimonie.
8 : Evitez les descriptions détaillées des personnages. De ce côté-là, Steinbeck a déjà tout fait.
9 : Evitez de décrire par le menu, les lieux et les objets. Même si vous savez y faire, vous ne tenez pas à ce que les descriptions paralysent l’action et mettent l’histoire au point mort.
10 : Essayez de supprimer les passages que le lecteur a tendance à sauter. Réfléchissez à ce que vous sautez quand vous lisez un roman : les bons gros paragraphes de prose bien consistante dans lesquels il y a clairement trop de mots.
Elmore Leonard ajoute en conclusion de son livre : « la plus importante de mes règles résume toutes les autres : “Si cela ressemble à de l’écrit, je le réécris”. »
(photo : Getty Image)

mardi 1 avril 2014

Entrevue avec Jo Nesbo réalisée par Joel Metreau

                                                              

INTERVIEW - «Police», la dixième aventure de l’inspecteur Harry Hole, sort ce jeudi…Un thriller épais et prenant par un maître norvégien du genre, Jo Nesbø...


Comment avez-vous créé Harry Hole? 

Quand j’ai commencé à écrire, je ne me l’imaginais pas comme un personnage de série... Ce n’est qu’au troisième (livre) que j’ai compris qu’il serait le personnage central d’une série. Une série qui utiliserait la société scandinave comme décor, mais avec une approche américaine, avec un héros dur à cuire, au penchant pour l’alcool, en conflit avec ses proches...

Il y a aussi une dimension sociale dans vos polars…

...Je me perçois davantage comme un écrivain de divertissement. Ce n’est pas dans mes intentions. J’explore plutôt des thèmes individuels comme les relations père-fils, la jalousie, les crimes commis par la passion.

Comment écrivez-vous?

En notant une idée sur une page ou deux. Puis un synopsis d’une vingtaine de pages voire d’une centaine avec l’intrigue et des bouts de dialogue...

Du coup, quelle était l’idée principale de Police?

... L’idée que les secrets du passé, enfouis pendant longtemps, commencent à remonter la surface...

Vous vous inspirez de faits divers?

Non, je n’utilise pas les crimes réels. Dans la littérature, les meurtres ont généralement du sens, pas dans la vraie vie.

Vous venez de terminer The Son (Le fils), qui n’est pas un Harry Hole. Pourquoi?

J’ai besoin de prendre un peu congé de Harry de temps en temps...

*Joel Metreau

Pour lire l'entrevue au complet, cliquez sur le titre.

vendredi 6 septembre 2013

ÉCRIRE 14 : Comment réussir la fin.

10 Tips For Writing Endings To Your Story  


1. Always keep in mind what is expected in the genre you’re writing. If you’re writing a category romance, then the hero and heroine must unite at the end. If you’re writing a mystery, you must solve it by the end.

2. Avoid the dreaded deus ex machina. I previously wrote about deus ex machina. In most cases, you should not take the character(s)’ destiny out of their own hands. Force them to make the tough choices.
 
3. Think more in terms of appropriate ending rather than satisfying ending. I know some (maybe many) will disagree with me, but I LOATHE the term “satisfying ending.” It’s a story, not a Snickers bar. You need to write the appropriate ending for the story you are telling. It may end up disturbing your reader. It may even make them mad. That doesn’t mean it’s not the right ending.
 
4. On the other hand, don’t be a jerk and write a miserable ending for your characters to no real purpose. Stephen King, I’m looking at you. Sometimes he writes endings that negate about 90% of what transpired in the book.
If you have to do something like kill off a beloved character, or not bring the romantic couple together, or have the hero not attain a goal—make sure there are very, very good reasons for doing so, ..

5. Struggling to find a way to end things? Compose an event that brings most of the characters together. A battle, a wedding, a birth, a trial, a funeral…any event that would make most of the characters congregate is often a good way to end things.
 
6. If you’re REALLY struggling to find a way to end things—go back to the beginning. I can’t tell you how many times I was unhappy or unclear about how a story should end. I almost always found the answer by going back to the early part of the story. OR, I would go back and rewrite part of the beginning to help me compose a better ending. It’s a bizarre phenomenon, but sometimes writers unconsciously lay out the groundwork for the ending in the early part of the story...
 
7. When the story is over—STOP. You’d think this should go without saying, but some writers don’t know when to stop... Few things are worse than a story that keeps on going after it has pretty much ended.
 
8. On the other hand, beware of too much build up with too quick a resolution. One of my biggest beefs with the Twilight series was endless build up to confrontations that were then too easily and too quickly resolved. If you keep promising the reader an epic confrontation, then you should follow through with it.
 
9. You don’t have to tie up every little plot string, but tie up most of them. Everything doesn’t have to be neat and pat—in fact, that usually annoys readers—but don’t forget to deal with all major points.
 
10. Epilogs: I kind of like them. I generally can’t stand prologs, but epilogs are a different matter. Prologs usually end up as a way to front-load a lot of exposition. Epilogs are a way to give readers a peak into the future of the characters.
Are they strictly necessary? No. But ...

This is an abridged version of the original article which you can read by clicking on the title.

Écrire 14 : Elmore Leonard 10 tricks for good writing


Elmore Leonard started out writing westerns, then turned his talents to crime fiction. One of the most popular and prolific writers of our time, he’s written about two dozen novels, most of them bestsellers, such as Glitz, Get Shorty, Maximum Bob, and Rum Punch.  Unlike most genre writers, however, Leonard is taken seriously by the literary crowd.

What’s Leonard’s secret to being both popular and respectable? Perhaps you’ll find some clues in his 10 tricks for good writing:   *
  1.  Never open a book with weather.
  2.  Avoid prologues.
  3.  Never use a verb other than "said" to carry dialogue.
  4.  Never use an adverb to modify the verb "said”…he admonished gravely.
  5.  Keep your exclamation points under control. You are allowed no more than two or three per 100,000 words of prose. 
  6.  Never use the words "suddenly" or "all hell broke loose."
  7.  Use regional dialect, patois, sparingly.
  8.  Avoid detailed descriptions of characters.
  9.  Don't go into great detail describing places and things.
  10.  Try to leave out the part that readers tend to skip.
 My most important rule is one that sums up the 10.
 If it sounds like writing, I rewrite it.
 * Excerpted from the New York Times article, “Easy on the Adverbs, Exclamation Points and Especially Hooptedoodle”

jeudi 29 août 2013

ÉCRIRE 13 : 12 conseils d’écriture de Stephen King

12 conseils d’écriture de Stephen King



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Parmi tous les célèbres auteurs qui ont écrit au sujet de leur métier, Stephen King est, selon moi, l’un de ceux qui le font avec le plus de justesse et de générosité. Son ouvrage On writing fait définitivement partie de mes bibles en la matière. S’il n’est pas scénariste mais romancier, ses conseils s’appliquent à tous les types de proses.
Il faut dire que l’écriture est pour lui un véritable sacerdoce. Il a signé ses premières œuvres aux portes de l’adolescence et n’a quasiment jamais passé depuis, un jour sans s’asseoir à son bureau. Rien ne semble pouvoir venir à bout de l’inspiration horrifique et galopante de Stephen King, ni la mort (il a échappé de justesse à un très grave accident il y a une quinzaine d’années), ni la cécité qui le menace (il souffre d’une dégénérescence de la rétine). S’il existe une manière d’écrire d’outre-tombe, il la trouvera à coup sûr!
Voici douze judicieux conseils qu’il adresse aux jeunes auteurs…

Est-il vraiment besoin de présenter le « maître de l’horreur »? Né il y a soixante quatre ans dans le Maine, un état américain dans lequel il réside toujours et qui est au cœur de la plupart de ses œuvres, Stephen King autopublie ses premières nouvelles alors qu’il est encore lycéen. Lors de ses études universitaires, il publie plusieurs nouvelles et il écrit un premier roman, The Aftermath, resté inachevé, puis The Long Walk, une œuvre qui ne sera publiée que bien des années plus tard et sous le pseudonyme de Richard Bachman.
En 1974, le jeune auteur publie Carrie, un roman qui sera adapté par Brian De Palma, et accède à la gloire. Stephen King abandonne l’enseignement et ne se consacre plus qu’à sa plume. En près de quarante ans de carrière, il publie -sous son nom ou celui de son alter ego- une quarantaine de romans, des dizaines de nouvelles, divers essais, ses mémoires, et collabore à divers scénarios.
Nombre de ses œuvres ont été adaptées sur petit ou grand écran, notamment The Shinning, Stand by Me, The dead zone, Christine, Misery, The Shawshank Redemption, Dolores Claiborne, The Green Mile, Hearts in Atlantis, ou, plus récemment, 1408 et The mist.
Voici ces douze conseils aux auteurs débutants, que je vous traduis en substance:
1. Être talentueux. Selon Stephen King, les jeunes auteurs associent à tort le talent avec le succès ou l’argent qui en découle. Ce qui compte avant tout est de travailler d’arrache-pied  pour devenir un bon auteur, tant au niveau de la forme (structure) que du fond (style). Mais il faut aussi pouvoir, selon lui, développer un œil critique sur sa propre prose afin de savoir jusqu’à quel point s’acharner. En clair, malgré l’envie, certains aspirants auteurs n’ont pas le talent nécessaire pour devenir professionnels. Et l’écrivain d’ajouter que ce moment charnière où il convient d’abandonner son rêve dépend de chacun et n’est pas proportionnel avec le nombre de rejections.
2. Être soigneux. C’est à dire s’attacher à la présentation: grammaire, orthographe, mise en page… Je ne peux qu’abonder dans ce sens: rien n’est plus rédhibitoire pour un lecteur professionnel que de parcourir un scénario truffé de fautes, c’est un des signes les plus manifestes de l’amateurisme de son auteur!
3. Exercer son sens de l’autocritique. Aucun texte n’est bon dès le premier jet, savoir écrire consiste essentiellement à pouvoir réécrire autant de fois que nécessaire. Je projette d’ailleurs de vous proposer très prochainement un article sur ce sujet…
4. Supprimer tout mot superflu. Raconter une histoire ne consiste pas à exercer un prêche. C’est encore plus vrai en matière d’écriture de scénario!
5. Ne consulter aucun livre de référence au moment de l’écriture. Dictionnaires, encyclopédies et autres ouvrages de conseils d’écriture sont, selon Stephen King, à consulter avant ou après mais en aucun cas au cours du processus d’écriture. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne faille pas vérifier l’orthographe d’un mot, ou lui chercher un synonyme en cours de route, le propos est de ne pas freiner sa créativité en perdant trop de temps pour des détails qui concernent le travail de relecture (qui engendrera lui-même une réécriture).
6. Connaitre les marchés, c’est à dire à la fois son audience et les décideurs (éditeurs, producteurs, diffuseurs…) auxquels adresser son histoire. J’ajoute que trop de jeunes auteurs ignorent (voire snobent) ce conseil par paresse ou orgueil mal placé sans réaliser qu’ils s’ôtent par là-même toute chance de succès.
7. Écrire pour divertir. Conseil qui découle du précédent. C’est bien beau de vouloir se faire plaisir, raconter sa vie, ou coucher sur papier « son message », mais encore faut-il que cela intéresse une audience…
8. Se demander si on prend du plaisir à écrire. Ce n’est pas parce qu’on a soudain une idée d’histoire que l’on sera capable de la mener jusqu’au bout. C’est un travail chronophage, épuisant mentalement et physiquement (contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime abord), et souvent ingrat, encore faut-il s’épanouir en l’exerçant. Sinon il faut vraiment passer à autre chose: une autre histoire ou carrément un autre métier…
9. Apprendre à évaluer les critiques. Faire lire son travail c’est bien, mais encore faut-il recueillir assez d’avis pour pouvoir en tirer un quelconque bénéfice. Chaque avis est subjectif (et j’ajoute qu’il faut dans la mesure du possible consulter des lecteurs compétents). Si dix personnes font la même remarque sur une scène, un personnage, un rebondissement de l’intrigue, un dialogue… c’est qu’ils sont dans le vrai, quand bien même l’auteur adore cet élément. Si chaque avis diverge, en revanche, mieux vaut prendre du recul, voire solliciter de nouveaux avis, avant d’entreprendre une quelconque réécriture.
10. Observer les règles en matière de démarches. Je passe mon temps à vous le répéter, jeunes Padawans (et à m’écharper via les commentaires avec certains lecteurs bornés), quand on veut devenir un auteur professionnel, il faut apprendre à se comporter comme tel, qu’il s’agisse de démarches en live, au téléphone ou par mail. Le marché ne va pas changer pour vos beaux yeux ou votre incroyable talent et rien n’est plus agaçant pour un professionnel que la morgue et l’amateurisme (attention, je ne parle pas d’inexpérience).
11. Ne pas se soucier de « prendre un agent ». Comme je vous l’expliquais à plusieurs reprises dans ces colonnes, les agents ne sont pas intéressés par les auteurs débutants. Ne vous inquiétez pas, vous les verrez venir vers vous en même temps que le succès…
12. Si un texte est mauvais, il faut le tuer. C’est certes douloureux mais certaines bonnes idées de départ ne sont pas vouées à donner naissance à des histoires dignes de ce nom. Beaucoup de professionnels recommandent d’ailleurs de laisser dans un tiroir ses premières œuvres qui n’ont pour finalité que d’apprendre à écrire. Et vous savez quoi? Dans 99,99% des cas ils ont RAISON.
 

Auteur : Nathalie Lenoir

Nathalie Lenoir est scénariste (cinéma/TV) membre de la Guilde Française des Scénaristes, blogueuse et écrivain. Elle a rédigé des articles pour de nombreux sites web et pour la presse papier, notamment les revues Synopsis, Ciné-Studies et La Gazette des Scénaristes.

mercredi 22 mai 2013

ÉCRIRE 12 : WRITING Efficient Dialogs. Écrire Des Dialogues Efficaces et Réalistes par Jodie Renner

A. Dialogue needs tension, conflict and emotion! This one is huge. As Randy Ingermanson and Peter Economy say in Writing Fiction for Dummies, “Dialogue is war! Every dialogue should be a controlled conflict between at least two characters with opposing agendas. The main purpose of dialogue is to advance the conflict of the story.”

1. Leave out the “Hi, how are you?” “I’m fine, and you?” “Nice day,” stuff, and cut to the chase. Skip past introductions and all that empty blah-blah small talk.

2. Avoid any kind of long monologue or dialogue that just imparts information, with no tension or emotion.

3. Don’t use dialogue as “filler” – if it doesn’t advance the plot, heighten the conflict, or deepen the characterization, take it out.

4. Include lots of emotional or sexual tension and subtext in your dialogue. Silence, interrupting, or abruptly changing the subject can be effective, too.

B. Loosen up the dialogue.

The most common problem with dialogue for new writers is that it often sounds too stiff and formal. Here are some easy, quick tips for loosening up the dialogue to make it sound more natural:

1. Read your dialogue out loud. Does it sound natural? Can you cut some words out, or use more common, everyday conversational words, rather than more “correct” words? In conversation, use “bought” rather than “purchased,” “use” rather than “utilize,” etc.

2. Use contractions. Change “I am” to “I’m”, “we will” to “we’ll”, “do not” to “don’t”, “they will” to “they’ll,” etc.

3. Break up those long, grammatically correct complete sentences. Nobody talks in complete sentences in informal conversations with friends (or enemies) and family, especially in stressful situations. Frequently, use some short sentence fragments, and one-word answers.

4. Don’t have one person go on and on about a subject. Fiction is not the place for a lecture on a topic, or somebody speaking at length about himself. It’s not natural, and your readers aren’t interested in long monologues! Have the other person interrupt to ask a question, give their opinion, seek clarification, change the subject, etc.

C. Keep it real!

Avoid unnatural dialogue caused by having the characters say things they would never say, just to impart some information to the readers! An extreme example of this would be a character saying to his sister: “As you know, our parents died in a car crash five years ago.” Or even the more subtle, “As your lawyer, I must advise you…” Using dialogue this way to get some information across to the reader is artificial and a sure sign of an amateur writer. Work the information in subtly, without having one character say something that the other would obviously already know.

D. Give each character his or her own voice or speaking style. Make sure all your characters don’t sound the same (like the author).

First, pay attention to differences in gender, age, social status, education, geographical location, historical era, etc. Some characters, especially professionals, will use more correct English and longer sentences, while others will use rougher language, with a lot of one- or two-word questions or answers, sprinkled with expletives.

Then, think about individual personality differences within that social group, and the situation. Is your character: Shy or outgoing? Talkative or quiet? Formal or casual? Modern or old-fashioned? Confident or nervous? Tactful or blunt? Serious or lighthearted? Relaxed or stressed? And give each character their own little quirks and slang expressions, but exercise caution when using slang or expletives. (More on that in another article.)

E. Gender differences.

Bear in mind that men and women tend to express themselves differently.

- In general, men are terser and more direct; they usually prefer to talk about things rather than people or feelings; and they often use brief or one-word answers.

- Women, on the other hand, like to talk about people and relationships; often hint at or talk around a subject, tend to express themselves in more complete sentences; and often want to discuss their feelings.

- These differences are especially important to keep in mind if you’re a female author writing dialogue for male characters, and vice-versa.

F. Other tips:

1. Avoid “talking heads” – pages of unbroken dialogue, with little action or description.

- Move the characters around the scene, and indicate their reactions, gestures and body language:

“…as they walked into the kitchen,” “They pulled up in front of the police station,” “He crossed his arms,” “She got up and started pacing.” “He touched her arm.” “She gasped in alarm.” “He clenched his fists.” And so on.

2. For dialogue tags, use mainly he said and she said (and asked for questions), which are non-intrusive, rather than words like remarked, conjectured, queried, interjected, insinuated, pronounced, and uttered, which draw attention to themselves and can be annoying.

3. Also, beware of using non-speaking words as attributes, like “That’s so nice,” she smiled, or “You bet,” he grinned. You can’t “smile” or “grin” words! But you can say, “You bet.” He grinned and waved as he pulled away.

4. However, in addition to he said and she said, words like shouted, whispered, mumbled, yelled, murmured, and screamed are very useful for advancing the plot and ramping up your imagery.

5. Avoid the dialogue tag if it’s obvious who’s speaking.

6. But do make it clear who’s speaking. Readers don’t want to have to back up and check to see who’s talking now.

7. Try to use action tags (beats) instead of dialogue tags, such as:

Shelley hung up the phone. “That was Carole.”

Mark tensed. “What did she want?”

8. Avoid having the characters constantly using each other’s names. Once in a while is good, but don’t overdo it.

© Copyright Jodie Renner, August 2010, http://www.jodierennerediting.com/

Resources: On Writing Romance by Leigh Michaels, A Writer’s Guide to Fiction by Elizabeth Lyon, Writing Dialogue, by Tom Chiarella, Novel Shortcuts by Laura Whitcomb, Writing Fiction for Dummies by Randy Ingermanson and Peter Economy

vendredi 15 mars 2013

ÉCRIRE 11 : Quelle est la recette d'un bon roman policier ?

Quelle est la recette d’un bon roman policier ?

Je vais sans doute décevoir l’auteur de cette question mais je ne connais aucun guide à suivre à la lettre pour écrire un livre d’après un modèle. Une recette de cuisine, vous la suivez pas à pas et vous sortez du four les délicieux cookies qui vous faisaient tant craquer sur la photo. En écriture… désolée, mais ça n’existe pas !
En revanche, j’ai quand même bonne nouvelle, on peut quand même définir des ingrédients nécessaires à l’écriture d’un bon polar.
polar
D’abord essayons de connaître un peu mieux le genre policier.

1 - Les différents types de roman policier

 a / Le roman d’énigme :
Le roman d’énigme est un roman policier dans le­quel le cheminement romanesque va du mystère à l’élucidation du mystère, d’un crime à la révélation du nom du coupable de ce crime, par le biais d’une enquête menée par un détective (professionnel ou amateur) faisant preuve de qualités d’observation et de déduction.
Souvent conçu, dans les années 1920-1930, comme un jeu intellectuel entre le lecteur et l’auteur. Le roman d’énigme a été aussi appelé roman-problème.
b / Le roman noir
À l’opposé de l’univers con­ventionnel, ludique et (relati­vement) policé du précédent, le roman noir, né aux États-Unis dans les années 1920, avait pour ambition de rendre compte de la réalité sociétale du pays : gangstérisme, corruption politique et policière, pouvoir de l’argent, utilisation manifeste de la vio­lence.
Les détectives privés « durs à cuire» à la Sam Spade ou à la Philip Marlowe en sont les incarnations emblématiques et le resteront au travers de plusieurs générations de roman­ciers noirs.
Par extension, le roman noir d’aujourd’hui désigne un roman policier inscrit dans une réalité sociale précise et porteur d’un discours critique, voire contestataire, sur cette réalité.
 3 / Le roman de procédure policière
Dans ce type de roman policier, l’auteur s’efforce de mettre en scène de la façon la plus réaliste pos­sible des enquêtes criminelles menées par des po­liciers professionnels dans le respect des modali­tés habituelles des procédures d’investigation.
4 / Le roman de suspense
Alors que le roman d’énigme et le roman noir sont les romans du détective, le roman de suspense peut être défini comme le roman de la victime.
Il met généralement en scène un personnage placé dans une situation de danger ou pris dans une machination. L’auteur joue machiavéliquement du compte à rebours et de la tension drama­tique, de l’attente et de la chute. La grande caractéristique de ce genre policier est son tempo de plus en plus rapide, de plus en plus fiévreux.
5 / Le thriller
Dans sa première acception, le terme «thriller», du verbe anglais thrill (faire frémir), désignait de façon générique le roman d’aventures policières ou d’espion­nage, le roman-poursuite où l’ac­tion prime sur la détection.
Dans son acception moderne, le terme dé­signe des ouvrages de natures très différentes (thrillers médi­caux, thrillers informatiques, etc) dont les points communs, résident dans ce qu’on pourrait-appeler la mise sous tension du lecteur et dans le caractère complexe mais très structuré des intrigues.

 2 – Les ingrédients du bon polar

Aujourd’hui, le roman noir a le vent en poupe. Les lecteurs ont besoin d’effrois, de frissons, d’horreur. Alors tout le monde rêve d’écrire un polar, mais méfiez-vous des apparences ! Derrière un style abordable ou des livres qui peuvent vous sembler plus simples à écrire, se cachent souvent des techniques plus complexes. C’est le cas du polar, qui est loin d’être le genre littéraire le plus facile d’accès, alors qu’il est souvent perçu comme simpliste par les auteurs débutants.
Quels sont les ingrédients obligatoires à un bon roman noir ?
D’abord, trouvez un bon meurtre, très violent et plein d’hémoglobine !
Soyez ouverts aux faits divers, vous devriez trouver votre bonheur !
Ensuite,  faites monter la pression avec la description d’un cadavre, homme ou femme, vous voyez selon votre histoire.
Créez un inspecteur, privé ou non, hors du commun, particulièrement malin, qui ne respecte ni la hiérarchie ni les règlements. Construisez-lui un personnage divorcé, sa femme l’a quitté, ou veuf, elle est morte tragiquement : meurtre, accident, maladie.
Ensuite créez un autre personnage qui  le seconde. Un personnage, charismatique qui va le motiver à poursuivre, bousculer ses certitudes, l’éclai­rer…
Enfin, dernier ingrédient indispensable : un meurtrier surdoué et tortueux échappant, jusqu’à la fin du bouquin à l’étau qui se resserre.
Je ne suis pas une spécialiste du polar mais je pense que tout y est.
Dans ceux que j’ai lus, j’ai souvent remarqué que la personne chargée de l’enquête a souvent déjà son idée sur le meurtrier dès la première page.
Si vous envisagez d’écrire un roman policier, lisez beaucoup de polars en tous genres. décortiquez les contenus.  Possédez une bonne base tech­nique et scientifique. Idéalement avoir de bonnes notions de crimi­nologie serait utilise. Connaître également les étapes d’une enquête, les méthodes de la police scientifique et son exploitation des indices peut être un véritable atout. Ces connaissances sont à mon sens non négligeables pour satisfaire des lecteurs du genre de plus en plus avertis et surtout pour bien les tenir en haleine !

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Article de Marie-Adrienne Carrara
www.aproposdecriture.com